L’exposition regroupe 24 peintures et 26 dessins réalisés par Picasso
lors de son séjour au Château d’Antibes en 1946 (ainsi que
5 céramiques, fruit de son travail à Vallauris à la même période). Non
seulement l’« après-guerre », mais une nouvelle égérie (Françoise
Gilot) inspirent à Picasso cette
joie de vivre propre à l’époque. Après avoir entendu M.
Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso d’Antibes, nous effectuons la visite de presse de la salle 9 en compagnie de M.
Paul Bourassa,
commissaire de l’exposition et conservateur aux expositions au MNBAQ.
On trouve d’abord à l’entrée une vingtaine de photographies d’époque
témoignant du travail accompli par l’artiste pendant cette période.
(Les photos sont du photographe et sculpteur
Michel Sima.)
La production est abondante, étant donné qu’elle s’étend à peine de septembre à novembre. La nouvelle flamme de Picasso,
Françoise Gilot,
bouleverse sa manière, change son optique. « Un nouveau sujet, un
nouveau peintre », clamait l’artiste. Il passe ses matinées sur la
plage, travaille l’après-midi et parfois tard en soirée. Les
difficultés d’approvisionnement d’après-guerre lui seront un motif de
plus de créativité et il expérimentera divers matériaux de fortune pour
réaliser une centaine d’œuvres.

Picasso laisse parfois paraître sur ses œuvres les changements qu’il leur a fait subir. Cette
Nature morte à la bouteille, à la sole et à l’aiguière (1946, ripolin et graphite sur fibrociment)
met de l’avant la lumière blanche d’Antibes qui l’impressionnait tant.
Une série de dessins exécutés très rapidement laissent voir sa maîtrise
technique. Les cinq céramiques faisant partie de l’exposition étaient
absentes de celle de 2004, Picasso et la céramique.

Des peintures de nus prennent des allures sculpturales. De cette
Nature morte à la pastèque (1946, ripolin sur bois)
si vivement colorée, Picasso disait : (…) « en Espagne on admet que la
pastèque est le fruit parfait : avec elle on mange, on boit et on se
lave la figure! »

On voit également ici un grand tableau (360 x 250 cm) qui, jusqu’à présent, n’avait été exposé qu’à Venise. Il s’agit d’
Ulysse et les sirènes,
peint à l’été 1947, au retour de Picasso à Antibes après son séjour de
l’automne précédent. Sur trois plaques de fibrociment posées à même le
sol, il peint en moins de deux séances cet épisode de
L’Odyssée d’Homèreoù Ulysse, attaché à son mât, affronte le chant envoûtant, mais fatal,
des sirènes. Le tableau, riche d’interprétations, témoigne peut-être
que Picasso, tel Ulysse, brave tous les dangers…
Crédits. L’exposition
La Joie de vivre. Picasso au château d’Antibesest organisée par le musée Picasso d’Antibes et le Musée national des
beaux-arts du Québec. Une présentation de la Financière Sun Life,
partenaire de l’automne 2007. L’exposition bénéficie également du
soutien du Bureau de la capitale nationale. Les partenaires médias sont
la Société Radio-Canada et Le Soleil.
Direction du projet : Line Ouellet, directrice des expositions
et des publications scientifiques au MNBAQ, et Jean-Louis Andral,
directeur du musée Picasso d’Antibes.
Commissariat : Paul Bourassa, conservateur aux expositions au MNBAQ.
Coordination : André Sylvain.
Design du mobilier : Guillaume Lord.
Graphisme : Marie-France Grondin.
Autour de l’exposition. Visite commentée avec Jean-Louis Andral, directeur du musée Picasso d’Antibes,
le samedi 8 septembre à 14 h (gratuit avec le billet d’entrée de l’exposition).
Conférence Picasso classique?, par Paul Bourassa, conservateur aux expositions au MNBAQ,
le mercredi 26 septembre à 19 h 30 (gratuit).
Catalogue. Los Picassos de Antibes / The Picassos from Antibes, 241 p. abondamment illustrées; disponible à la boutique du MNBAQ (59,95 $). Une brochure française,
La Joie de vivre. Picasso au Château d’Antibes, éditée par le MNBAQ, est également en vente à la boutique (9,95 $) ou offerte gratuitement à l’achat du livre d’art.
Ateliers. Des ateliers pour la famille et pour les adultes sont
également offerts. Renseignements et réservations : 418-644-6460,
poste 5547.
La Joie de vivre. Picasso au Château d’Antibes, au MNBAQ
jusqu’au 6 janvier 2008 [/center]