Le comédien et chanteur s'est éteint dimanche à Paris, à 55 ans, des suites d'un cancer foudroyant
Sa maladie
avait été diagnostiquée lors de son hospitalisation il y a un mois à
l'hôpital Cochin, a expliqué son attachée de presse Michelle Latraverse.
Ce fils d'immigrés algériens, homme de théâtre et de cinéma, mime et
chanteur, figure de la vie nocturne des années 80, avait plus
tard connu une traversée du désert suite à des problèmes de drogue.
Un surdoué rattrapé par ses démons

Né le 4 décembre 1952 à Paris, Farid Chopel, de
son vrai nom Farid Rabia, est élevé par sa mère et sa grande-mère,
puis scolarisé chez les frères. Il fait ses débuts, seul en scène, en
1978, dans "Chopelia". Dans les années 1980, ce showman aux dons
multiples impose une longue silhouette mince et burlesque -réminiscence
de Buster Keaton- à la scène, à l'écran, et même à la télévision où il
vante les mérites d'une eau pétillante ("Perrier, c'est fou !"). "C'est
dingue ce qu'elle a marqué cette pub, j'ai l'impression d'avoir tourné
Ben-Hur !", remarquera-t-il en 2004 dans Le Parisien.
Entre-temps, sa carrière a été lancée en 1981 avec sa pièce "Les
Aviateurs". Farid Chopel, dont le jeu scénique combine le mime,
l'expression et la danse, enchaîne les tournages avec la bande du
Splendid, notamment ("La Femme de mon pote", "Sac de Noeuds") ou Marco
Ferreri ("Le Banquet", "La Carne").
En 1984, ce fêtard touche-à-tout revient au théâtre avec "Le Cri de la
Girafe", seul animal de la création à n'émettre aucun son,
rappelle-t-il alors.
Figure de la vie parisienne, entouré et fêté, en 1986, Farid Chopel se
trouve en vacances avec Coluche quand l'amuseur se tue dans un accident
de moto le 19 juin.
Début 1992, il se produit dans un nouveau one man-show entre étrange et
burlesque, "El Perro", dans la petite salle de la Maison de la Culture
de Bobigny.
Mais, rongé par les excès en tous genres (acool, drogues), Chopel
quitte la scène. Sa descente aux enfers se ponctue d'évacuations
en ambulances, services d'urgence et gardes à vue.
A partir de 2000, après une cure de désintoxacation, il devient sobre et ne touche plus à l'alcool, selon ses proches.
En 2003, il fait son retour à la scène pour le one man-show "Le Pont du
milieu", accueilli par une critique très favorable. Il y retrace, avec
tendresse et autodérision, les différentes étapes de son existence. De
ses épreuves et de sa renaissance, il fait le récit en 2005 ("Et je
danse encore", aux éditions Privé), avec le soutien de sa compagne
Brigitte Morel, danseuse et metteur en scène.
"A force de jouer la comédie, on finit par croire que la vie est une
farce. Mais il faut y croire, il faut y croire", confiait-il. Toujours
en 2005, il apparaît dans le fim de Richard Bohringer, "C'est beau une
ville la nuit" et dans celui d'Alain Robbe-Grillet, "C'est Gradiva qui
vous appelle".
En 2007, Farid Chopel incarne un dernier rôle au cinéma, celui d'un
ouvrier à la retraite en banlieue parisienne, qui décide de rentrer au
pays, en Tunisie. "Un si beau voyage", du réalisateur Khaled Ghorbal,
n'est pas encore sorti.